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L'affiche 2020

et voici l'affiche du Carnaval de Dunkerque, édition 2020 !

(cliquez sur les images pour les agrandir !)

L’affiche du carnaval 2020 est issue d’une collaboration entre deux jeunes artistes dunkerquois. Tous deux issus du monde du street art, ils ont pris un grand plaisir à imaginer une affiche pleine de peps, qui emploie les codes du graffiti, leur passion à tous les deux.

Alexis, 33 ans, est graffeur professionnel. Formé aux arts appliqués, il répartit son temps entre projets artistiques et ateliers pédagogiques. Simon, 36 ans, formé aux arts plastiques, se décrit comme amateur, car il a un autre métier - dans le domaine de l’art - et d’autres pratiques artistiques. Mais il conserve une grande tendresse pour le street art, qui a marqué sa jeunesse. Rencontre avec Alexis, le dessinateur, et Simon le coloriste de cette affiche 2020.

Racontez-nous votre affiche !

A - C’est un lettrage qui forme le mot carnaval. Les lettres s’amusent, elles forment un melting pot de carnavaleux. Jean Bart, le beffroi, le phare… des éléments forts de notre patrimoine, jaillissent tout autour. C’est une composition dynamique, avec des perspectives courbées qui transmettent une grande vitalité. Ça évoque une photo floue, ça pourrait presque être un graffiti.

S - Ce qui se dégage de l’affiche, c’est du mouvement, une explosion de couleurs, qui colle bien au carnaval. On voulait montrer que c’est la fête. Pour m’inspirer, je suis allé voir des photos de la bande qui défile : tout le monde est agglutiné, les couleurs s’accordent et ne s’accordent pas à la fois, c’est anarchique. Le challenge, ce n’était pas de choisir les couleurs mais de mettre toutes les couleurs ! L’affiche essaie de traduire cette densité des choses au carnaval : on croise les copains c’est le chahut, ça part dans tous les sens.

Pourquoi un travail à quatre mains ?

A - Mon registre habituel, c’est la bombe de peinture. Pour cette fois, j’ai pris un crayon de papier ! Simon a fait la mise en couleurs sur une tablette, moi je ne touche pas aux outils numériques. Et travailler ensemble, c’est être fidèle à la culture graff : on ne fait pas un mur tout seul !

Êtes-vous fiers du résultat ?

S - Elle est sympa ! Elle a l’aspect d’un graffiti, un style BD, un petit côté naïf qui va bien avec le côté fête du carnaval. On a pris énormément de plaisir à la faire et on espère que les gens vont rentrer dans ce fun-là aussi. Si cette affiche peut redorer le blason du graff et donner plus de murs aux graffeurs ce serait génial.

Comment vous est venue la passion du graff ?

A - J’ai commencé les bêtises au collège, pour le fun. La pratique du graffiti m’a donné envie d’apprendre les bases du dessin parce que je voulais pouvoir reproduire ce que je voyais. Je voulais en savoir plus, j’ai rencontré des gens, et c’est devenu le hobby du week-end, au détriment du foot et du skate !

S - Moi j’ai commencé au lycée, en seconde. J’apprécie cet aspect de la culture hip hop. C’est dessiner autrement, s’exprimer autrement. J’ai été très influencé par la scène dunkerquoise il y a 20 ans, qui était exceptionnelle. À côté des locaux, il y avait des grands noms du graff qui venaient dessiner à Dunkerque, des gens qui venaient de Paris, de Bruxelles, de New York. Notamment sur ce mur gigantesque derrière la gare de Rosendaël, 800 mètres de longueur, une grande hauteur… Un rêve pour les graffeurs ! C’était super formateur.

Et aujourd’hui ?

S - Il y a toujours des pointures ! Dunkerque a une belle culture graffiti. La politique de la ville est favorable, il existe des murs d’expression libre, tout le monde peut y aller. Ainsi la scène graffiti peut travailler et se développer. Et puis les murs en question sont situés dans des endroits bien visibles et les créations sont ainsi valorisées.

Dans le cadre du dispositif "Graff dans la Ville", la ville de Dunkerque met des murs à disposition des street artistes, qui peuvent ainsi s’exprimer à travers le graff, le collage, le pochoir, etc. Neuf murs sont actuellement dédiés à la pratique libre du street art.

Vous souhaitez garder un certain anonymat par rapport à cette affiche… pourquoi ?

S - Ça va de pair avec la culture et codes du graff. Quand tu as fait un dessin sur un mur, tu ne restes pas à côté une fois qu’il est fini ! De même, tu découvres et apprécies un travail dans la rue sans savoir qui l’a fait. L’œuvre passe avant l’identité, sans parasitage. On ne voit pas les têtes et c’est très bien comme ça. On cultive la discrétion. Par ailleurs, une séance de graf, c’est un truc très social, une activité en soi. On pourrait le comparer à une partie de pétanque entre amis, c’est un bon moment passé ensemble, sans prise de tête. L’essentiel est dans l’instant.

A - Et puis le graffiti, c’est éphémère, par définition.